Il y a des millénaires, Apophis, le serpent primordial, incarnation du chaos, tenta de plonger la Terre dans les ténèbres éternelles. Face à cette menace, les dieux égyptiens unirent leurs forces, mais incapables d’agir directement sur Terre sans rompre l’équilibre cosmique, ils choisirent douze mortels pour devenir leurs réceptacles. Ces élus, connus comme les premiers Gardiens de l’Ordre, portèrent une fraction du pouvoir divin pour affronter Apophis et ses serviteurs. Bien qu’ils parvinrent à le sceller dans un plan d’existence hors de portée, les dieux et les mortels comprirent qu’une telle menace pourrait réapparaître.
La Voûte Céleste, royaume sacré où résidaient les dieux de tous les panthéons, a été détruite récemment dans un événement cataclysmique. Ce royaume, autrefois inaccessible aux mortels, était le pilier de l’équilibre cosmique, permettant aux dieux de régner sur leurs domaines sans interférer directement avec la Terre.
La cause de sa destruction reste inconnue, bien que chaque panthéon accuse une force ou une entité différente. Certains parlent d’un dieu traître, d’autres d’une force extérieure au-delà même de leur compréhension. Privés de leur royaume et de leur source de puissance illimitée, les dieux ont été brutalement projetés sur Terre. Leur survie dépend désormais d’un ancrage dans le monde mortel, qu’ils ne peuvent obtenir qu’en possédant des réceptacles humains. Ce bouleversement récent a provoqué des secousses dans le monde entier :
Des phénomènes surnaturels inexplicables.
L’apparition soudaine de réceptacles dotés de pouvoirs divins.
Des conflits entre divinités forcées de coexister sur un même plan.
Cinq années ont passé depuis que Kiyana Vianello, par un artefact volé à l’Ordre, a levé le voile sur les vérités les plus indicibles : Gaïa n’était pas seule. Un autre monde, Érédion, vivait en parallèle du nôtre. Les portails qui s’ouvraient sporadiquement, les créatures qui s’en échappaient, les guerres secrètes de l’Ordre pour maintenir l’équilibre, les monstruosités commises en leur nom… tout fut révélé à la lumière du jour.
L’humanité n’a pas eu le temps de douter : les piliers de la Fin, les cataclysmes de Loki et l’effondrement de Babylone ont balayé toute illusion. Les Érédiens — elfes, onis, sirènes, kitsunes et bien d’autres — sont désormais parmi nous, exilés, réfugiés, parfois voisins ou collègues. Le monde ne pouvait plus revenir en arrière.
Les conséquences furent titanesques. Trois grands portails, devenus incontrôlables, ont ouvert des no man’s land interdits à tout mortel :
L’Antarctique, fissuré par des glaciers abritant des titans de glace et des créatures marines abyssales, est désormais une terre de cauchemar.
L’Australie, entièrement perdue, est devenue une jungle mutante d’îles flottantes et de forêts carnivores, un Éden monstrueux où même les armées les plus modernes sont balayées.
Le Sahara, engloutissant la moitié de l’Afrique, abrite des vers titanesques et des esprits élémentaires, transformant le désert en un océan vivant et hostile.
Ces zones sont surveillées à distance par les Templiers et l’Ordre, mais personne ne s’y aventure sans condamner son existence. On les appelle les Plaies du Monde, cicatrices béantes de l’ère Loki.
Les équilibres politiques se sont brisés :
Les États-Unis se sont effondrés en cités-États rivales, certaines dominées par des coalitions humaines, d’autres par des élites érédiens.
Le Qatar est devenu une cité-monde futuriste, vitrine de luxe où les familles elfes et riches sirènes règnent sur un empire de cristal et d’acier.
La Chine, maîtresse de la technomagie, a fusionné magie et industrie, donnant naissance à des armées cyber-arcaniques et des cités tentaculaires.
L’Europe tente de préserver une fragile unité, oscillant entre intégration et rejet.
L’Afrique, fracturée par le Sahara monstrueux, lutte pour survivre, tandis que ses nations frontalières deviennent boucliers militaires.
L’Amérique du Sud sombre dans la criminalité, les cartels exploitant désormais les portails comme routes de contrebande.
La cohabitation entre humains et Érédiens façonne de nouvelles cultures. Des quartiers érédien émergent dans toutes les grandes villes, entre ghettos sordides et enclaves dorées. Des mariages mixtes et des religions syncrétiques naissent, tandis qu’un nouvel art, mêlant chants érédiens et rythmes terriens, envahit les écrans.
Certains Érédiens, anonymes sur leur monde, sont devenus des célébrités : une sirène star de la pop, un oni acteur d’action à Hollywood, un vampire influenceur au million de followers.
Mais derrière les strass, l’ombre : la xénophobie monte, rejet violent des créatures jugées responsables des épidémies et des pertes de territoires.
L’équilibre des forces s’est redessiné :
Les Templiers : transformés en une police mondiale para-humaine, omniprésente aux frontières des Plaies.
L’Ordre : plus transparent qu’avant, mais toujours accusé de crimes occultes. Ils demeurent les seuls à réellement comprendre les portails.
La Griffe Noire : mafia hybride, maîtres du trafic d’artefacts et d’aetherium.
Des compagnies privées exploitent clandestinement Érédion, bravant l’interdiction des Nations Unies.
L’aetherium est devenu la ressource suprême, moteur d’une révolution énergétique et militaire. Les prothèses cybernétique-aetheriques se démocratisent, les armes technomagiques s’exportent, et les hôpitaux soignent désormais par enchantements autant que par médicaments.
Mais chaque avancée rapproche un peu plus Gaïa des catastrophes dimensionnelles.
Ils sont devenus des mythes vivants. Peu nombreux, redoutés, courtisés.
Certains servent de symboles nationaux, d’autres comme armes stratégiques. Quelques rares indépendants survivent en marge, mais partout où ils apparaissent, l’équilibre tremble.
Le monde est désormais semblable à celui des récits de super-héros : villes verticales, créatures surnaturelles côtoyant les hommes, pouvoirs extraordinaires… Mais ici, les dieux sont réels, les monstres sont innombrables, et la paix ne tient qu’à un fil.
Cinq ans après Loki, l’humanité n’est plus seule maîtresse de son destin. Gaïa et Érédion, désormais liés à jamais, avancent sur une ligne de crête, entre apocalypse et renaissance.